J'ai été adopté(e)

Il arrive parfois, quand on est enfant, que l'on se dise que l'on a été adopté, ou en tout cas, on le voudrait. Pour certains d'entre nous, c'est une réalité.

C'est souvent à l'adolescence, moment où l'on cherche à construire son identité, que l'on se pose des questions sur ses origines.

Notre histoire familiale est un des éléments importants pour se construire, alors, quand on est adopté, on se demande « quelle histoire est la mienne ? »

Beaucoup d'émotions

 

On peut se sentir seul, perdu, en colère, triste, ou même éprouver de la culpabilité.

On a parfois envie de rencontrer ses parents biologiques pour leur montrer la personne que l'on est devenu. Et dans un même temps, on peut aussi leur en vouloir.

 

On peut aussi en vouloir à ses parents adoptifs de nous avoir adopté

Mais Il arrive plus souvent que l'on ai peur de leur faire de la peine en posant des questions sur nos parents d'origine.

Trouver sa place dans la famille, surtout quand il y a des frères et sœurs peut être difficile, même lorsque notre famille adoptive est aimante et accueillante.

Cela peut être difficile d'en parler à ses amis, à son entourage moins proche. On peut avoir honte de dire que l'on a été adopté. Cela peut être une situation difficile à vivre et à assumer, particulièrement lorsque l'on est très différent de ses parents adoptifs, par exemple quand on n'a pas la même couleur de peau.

 

 

Être adopté, c'est adopter deux histoires

 

Lorsque l'on a été adopté, on n'a pas une seule histoire, mais deux. Histoire de nos parents biologiques contre histoire de notre famille adoptive ? Y en a-t-il une plus « vraie » que l'autre ?

Il n'existe pas de « vraie mère » « vrai père » ou de « faux père » ou « fausse mère ».

De la biologie ou du vécu, l'un n'est pas plus important que l'autre. On se construit avec ces deux aspects de notre vie.

 

Quand on a été adopté(e), on a ce double héritage pour se construire, quels que soient les obstacles ou la richesse que cela crée.

 

On hérite des traits de caractères, de ressemblances physiques de nos parents biologique : couleur des cheveux,  yeux, forme du nez...

Mais on hérite aussi de ses parents adoptifs. Ils nous transmettent leur valeurs... Car en vivant avec d'autres personnes, on développe des traits communs, des intérêts communs, mais aussi des mimiques, des gestuelles...

 

Pour se construire, chaque enfant a besoin de sentir qu'il est aimé par ses parents.

Dans l'adoption, la question est plus compliquée.

On se pose la question du désir et de l'amour des parents biologiques, mais il y a aussi celle de l'amour des parents qui nous ont adopté(e) et qui nous ont vu grandir.

L'adoption de son enfant n'est pas toujours de la volonté des parents biologiques. Cela ne veut pas toujours dire que la mère et ou le père biologique n'aimait pas leur enfant.

De leur coté, les parents adoptifs ont souvent attendu très longtemps avant de pouvoir adopté un enfant. La plupart du temps, il ont ainsi beaucoup d'amour à donné à l'enfant.

 

Imaginer son histoire ou la rechercher ?

 

Quand on ne connaît pas l’histoire de ses parents biologiques on est en droit de se poser de nombreuses questions.

«  Qui sont-ils ? » « Qu'elle a été leur vie ? » «  Pourquoi m'ont-ils abandonné(e) ?».

 

Pour se construire quand il y a des manques, des trous dans l’histoire, chacun va essayer de les combler à sa façon. C'est en s'inventant l'histoire, en se nourrissant de ce que l'on vit, de l’histoire d'autres personnes... que l'on imagine des réponses à ses questions.

On peut alors s'imaginer des parents idéals, ou au contraire, des parents à rejeter.

Ce que l'on imagine peut évoluer au fil de notre vie, les questions que l'on se pose aussi.

Parfois, les réponses à ces questions ne viendront jamais.

 

D'autres fois, le besoin de trouver des réponses concrètes est si fort que l'on se lance à la recherche de ses parents biologiques.

Se retrouver seul face à des réponses auxquelles on n'était pas vraiment préparé peut être violent pour notre vie psychique. Être accompagné dans ses démarches par quelqu'un de confiance peut alors être d'une grande aide.

 

Certaines ne veulent pas retrouver leurs parents d'origine, de peur d’être déçu, que la réalité ne correspondent pas avec ce qu'ils imaginent.

Ou simplement car ce qu'ils connaissent de leur histoire leur suffit pour affirmer qui ils sont.

C'est un choix à respecter et il n'y a pas de honte à ne pas vouloir retrouver ses parents biologiques.